Citation Lorraine : - Est-ce que j’te demande si ta grand’mère fait du vélo ?




Le chemin de la Coïe
Création entre 1777 et 1779


Au fond à droite en blanc : réservoir d'eau potable.

 
Situé aux confins du territoire de la commune de Jolivet, direction nord, ce chemin existe seulement depuis 1777. En effet, ce secteur, qualifié depuis des temps immémoriaux " les pâquis de la Coïe ", sert au pâturage des ovins, bovins et chevaux des habitants de la communauté de Jolivet.

Ils font partie des biens communs de la dîte communauté. Ils jouxtent les bans de Bonviller, Bienville la Petite et Sionviller sans délimitation par un quelconque chemin de crête. Leurs habitants bénéficient du " droit de parcours ", c'est à dire de la possibilité de laisser paître leurs propres animaux sur ces pâquis sous l'ancien régime.



 

Au loin nous aperçevons les tours St Jacques de Luneville


 
En 1771, un édit autorise les communautés à partager selon leur bon vouloir et entre tous les habitants, tout ou partie des pâquis. Décision justifiée par la nécessité d'étendre la surface des terres labourables en raison de la pénurie récurrente de grains, notamment de blé.



Le village vu de la Coïe



 
Le maire de Jolivet et les officiers municipaux sautent sur l'occasion. Ils partagent une partie, notamment le secteur ouest actuellement terrain militaire, afin que chaque foyer puisse labourer sa portion moyennant une redevance annuelle. Le Conseil d'état valide cette délibération le dix décembre 1772.

Constatant les travaux de labour des habitants de Jolivet, le maire de Bonviller s'en offusque et soutenu par ses collègues de Bienville la Petite, Sionviller, affirme que les laboureurs empiètent sur leur ban respectif sans les avoir consulté. De plus, il conteste leur droit de labourer ces pâquis, estimant que ce lieu-dit appartient en commun aux quatre communautés.

Quant aux habitants de Jolivet, fort de la présence de quelques bornes délimitant leur territoire, ils persistent dans leur tâche.






 
Le maire de Bonviller engage une procédure de contestation auprès de l'intendant sur le bien-fondé du partage et réclame des intérêts. Le conflit se termine seulement en 1780 au cours duquel de nombreuses visites sur le terrain sont éffectuées en présence des officiers communaux pour repérer les bornes éventuelles et trouver un arrangement.

Enfin une carte topographique, élaborée par le géomètre PIROUX, confirme les limites de séparation des bans des quatre communautés ainsi que la création d'un chemin de crête. ( voir plan )

Depuis lors les conflits de voisinage se sont estompés. Au fil du temps ce secteur passe en terre labourée ou enherbée selon les besoins et les contraintes du moment.

Au cours du vingtième siècle le chemin n'est guère emprunté et disparaît en partie sous une haie vive d'aubépines et autres arbustes.

Le remembrement de Bonviller, Bienville la Petite, Sionviller en 2009, permet de lui redonner une utilité certaine pour accéder aux parcelles des cultivateurs de ces communes.

Il est à nouveau bien dégagé et stabilisé.

Photos de la Coïe prises en 2013

 
 

Les anecdotes

Colère a Jolivet : titra l'est republicain en octobre 1969




 

Une pétition était à l'origine de plusieurs articles du journal local cet automne 1969.

 En effet, une bonne trentaine de propriétaires de chènevières, situées derrière le cimetière, aux lieux-dits: Brocard, les Abouts, Maix, Notre Dame, Haut de Chèvre, s'opposèrent  au projet d'urbanisation de cette zone.

 Ils l'exprimèrent lors de l'enquête publique et envoyèrent une lettre au Préfet confortant ainsi leur réclamation. En ce temps, de nombreuses  chènevières étaient bien travaillées (tout était retourné à la bêche) par les habitants pour assurer la nourriture de la famille.

L'enjeu était vital pour eux. Le Commissaire Enquêteur pencha en leur faveur: le projet de lotissement dans cette zone n'eut jamais lieu. L'urbanisation ne fut pas pour autant bloquée. Les constructions se développèrent  sur la route de Jolivet-Lunéville, secteur considéré logiquement comme prioritaire pour des lotissements.


 


Article du journal

Les anecdotes

Pétition contre l'achat du presbytère en 1851



Au XIXe le culte catholique et la présence d'un curé dans une paroisse représentaient un vrai enjeu. Le diocèse, en l'absence de  locaux, ne fournissait pas de curé attitré, ce qui était le cas à Jolivet depuis le début de ce siècle. La commune décide donc, de faire l'acquisition, auprès de Dame  Lebrun,  d'une maison à destination d'un presbytère en mai 1851. Le tout accompagné d'un jardin de dix ares. L'opération n'était pas si simple car il a fallu demander de nombreuses autorisations au Ministère de l'Intérieur, de l'Instruction Publique et de l'Administration Départementale.

Et surtout trouver l'argent. La proposition de la vente de terrains communaux pour son financement n'était pas du goût de tout le monde. Une pétition circula avec la signature de vingt habitants. Le conseil ne s'en laissa pas compter et répondit vertement.

Tout d'abord l'acquisition a bénéficié d'une donation du Sieur Jeandel (propriétaire de Champel) à hauteur de 4 100 francs sur 11 200 francs soit près du tiers de l'achat, du produit de la vente de onze parcelles de terrains communaux pour un montant de 5 600 francs, d'une subvention de 300 francs (appelée secours à l'époque), et d'une imposition extraordinaire des contributions directes sur trois ans. (Liste des contribuables concernés). Le Ministère de l'Intérieur approuva ce projet. Cette maison se situait à l'emplacement du garage de l'école actuelle. Jolivet bénéficia de son curé : la foi était sauve.

Les anecdotes

Les tas de fumier : pomme de discorde en 1932 et pétition



Par arrêté du 18 novembre 1931, le Conseil Municipal décide l'enlèvement des tas de fumier dans le village.

Cette décision provoque la colère de nombreux habitants qui doivent affronter de grandes difficultés quotidiennes. En effet, il faut emmener le fumier en dehors du village, souvent à la brouette. Ils rédigèrent donc une pétition pour réclamer au Sous-Préfet le maintien de leur emplacement initial, en général en face de leur étable, mais sur des plates-formes cimentées. 29 cultivateurs ou propriétaires d'animaux la signent.

Chaque situation fut analysée et leur demande rejetée en raison d'une non-conformité aux règlements d'hygiène. En effet, l'administration constata de nombreux cas où le purin se déversait dans les puits communaux ou dans des caves de riverains lesquels déposaient des réclamations.
Après des tensions bien compréhensibles, les tas de fumier sortirent du village en vue du stockage sur des plates-formes bétonnées.

Mais certaines rancoeurs restèrent. 

 

Les anecdotes

Larcins



Extrait journal de Lunéville Année 1889   (Archives Pierre Simonet de Jolivet)

Affaire Bonnet / Dancourt

 Paul Bonnet, 17 ans, est garçon de ferme. Le 20 octobre, il se présente à Jolivet chez sa tante, la dame Dancourt, qui l'accueille bien. Le 30, ne le voyant pas, elle monte dans la chambre de son fils et constate que Bonnet avait enlevé les habits de dimanche de celui-ci : pantalon, gilet, bottines et chemise. Plainte fut portée et quand Bonnet fut arrêté, il avait sur son corps tous les vêtements de son cousin. Il raconte aux gendarmes que ses effets étaient en loques et qu'ils les avaient abandonnés dans un champ où il avait changé de toilette.
Aujourd'hui il regrette ce qu'il a fait, il ne croyait pas que sa tante prendrait les choses aussi au sérieux.
- Vous avez très mal agi, lui dit le président, c'est très mal cela, vous n'en avez pas donc compris la gravité.
- Je n'ai compris qu'après

- C'est une mauvaise action
Le frère aîné, qui est dans l'auditoire, réclame l'indulgence du tribunal ; il va faire engager son frère dans la marine. Le tribunal accorde les circonstances atténuantes et prononce 50 francs d'amende. Engagez-vous, dit le Président, et n'oubliez pas l'indulgence du tribunal.

Même année

Affaire Masson / Michel

Le 28 janvier vers 4 heures, le nommé Masson Joseph, 46 ans, domestique, se présentait dans l'auberge Michel, de Jolivet, et demandait à se loger. Melle Michel, qui se trouvait seule, répondit qu'il n'y avait pas de place ; Masson se retira en disputant et en disant qu'il mettrait le feu  à la cambuse. Effrayée, la jeune fille prévint le Maire. M. Royer vint de suite, rencontra Masson et l'engagea à  quitter la commune sinon il le ferait arrêter. Vous n'en avez pas le courage, répondit Masson, vous êtes le maire eh bien je vous emmerde.

Masson était en ribote, il prit le chemin de Lunéville ; le maire le fit suivre par le garde-champêtre qui le rejoignit avant son entrée en ville et le conduisit sans résistance au bureau de police. Poursuivi pour outrages à  un maire et menaces sous conditions, Masson est acquitté du chef de menaces et condamné pour outrages à 6 jours.

Il avait bu et ne se rappelle absolument  rien  de ce qui s'est passé. Jamais, c'est bien sûr, il n'a eu l'intention de mettre le feu, ce sont là, a-t-il dit, des propos d'ivrogne qu'il regrette beaucoup

Affaires de moeurs en 1895

Le 6.12 ; un habitant de Jolivet écrit au journal local :
Monsieur le Rédacteur,

Vous avez parlé dans votre numéro de jeudi dernier du revêtement de la route de Jolivet.

 Il est en effet indispensable que la police veille à la sécurité des voyageurs mais il y a aussi à faire sur cette route un nettoyage qui serait également très utile.
A mi-chemin, entre Lunéville et Jolivet, il existe un établissement dans lequel on se livre à des manipulations qui n'ont rien de commun avec l'hygiène.
Ne pourrait-on pas obtenir la suppression de cet établissement qui doit être classé parmi les établissements insalubres.
Si oui, veuillez m'indiquer la marche à suivre.

Un habitant de Jolivet  

    
Réponse du journal :

Si vous apercevez qu'il se fait à proximité de la route des manipulations qui peuvent être nuisibles à la santé publique, il faut le faire constater par le garde-champêtre qui dressera procès-verbal. Vous pourrez ensuite adresser une plainte au conseil de l'hygiène qui a le pouvoir nécessaire pour faire ordonner la suppression des établissements insalubres qui ne sont pas régulièrement autorisés